Mais qu’est-ce qu’on peut bien faire, après ça? 

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16 juin 2016 par lesactualiteshistoriques

JJG sert en toute situation

L’année scolaire 2015-2016 aura été très éprouvante. Pas avec mes classes mais dans mon rapport à l’institution.  

Depuis le 7 janvier 2015, je m’interrogeais sur la mission enseignantes, sur celle de l’école de la République, et les grands discours ministériels ne m’avaient pas rassurée. Mais je croyais encore alors qu’il était possible de faire bouger les choses  

Et puis est arrivé le 13 novembre et une fois la sidération et l’agitation commémorative passée, la vie a repris son cours dans la grande maison Éducation Nationale, comme après le 7 janvier. En tout cas, c’est ainsi que je l’ai ressenti. 

Dans le même temps, dans ce que je percevais dans mes classes, dans la réalité sociale du pays, je sentais avant tout trois choses: une demande forte de compréhension et de parole sur le monde tel qu’il va, une colère susceptible à tout moment de se transformer en violence, un désespoir latent, qui s’insinue dans chaque chose et en chacun. 

Comment répondre à cela, comment prendre en charge cela? Cette question m’a beaucoup travaillé, parce qu’elle m’a été constamment renvoyée par les élèves, consciemment ou inconsciemment. Mon habitus de prof aurait pu être tenté d’y répondre par le seul savoir, autour d’un slogan « le savoir émancipe ». Si je suis profondément convaincue de cela, je suis aussi profondément convaincue du contraire: le savoir amène à s’autolimiter.

Car à 15 ans comme à 30 ans, dans une société traversée par une telle crise, il ne suffit pas de savoir. Et surtout, il ne sert à rien de savoir seul. 

Or, à travers le projet de webdocumentaire mené cette année, j’ai réalisé quelque chose que je savais déjà (d’où l’intérêt de mettre en œuvre ses savoirs): faire et plus encore faire ensemble est un puissant outil dans la crise que nous traversons. Car faire ensemble permet tout simplement de retrouver le goût d’être ensemble, dans un climat constructif. Faire ensemble permet de faire naître la sérénité et nous avons plus que jamais besoin de cela. 

Mais y-a-t-il de l’espace pour cela au cœur du système éducatif français? A la marge oui, mais au cœur? Comment faire entrer cette horizontalité dans une institution si verticale? Quel est mon rôle et ma marge de manœuvre dans ce système?

Tout ceci n’est pas une mode. Il y a une demande d’espoir. Il y a une demande de concret. Il y a une demande de sincérité. 

Comment y répondrons nous? Comment puis-je y répondre?

Bref, ma vie n’est que questions existentielles en ce moment 🙂
Et pour continuer la réflexion, allez lire ça et allez écouter ça (entre autres)!

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Une réflexion sur “Mais qu’est-ce qu’on peut bien faire, après ça? 

  1. jfriou dit :

    Tu as pensé aux élections législatives? (Je te verrai bien députée) 😉

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