Les voyages scolaires sont-ils solubles dans le programme?

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18 septembre 2012 par lesactualiteshistoriques

Rien à voir avec l’histoire et son actualité cette fois-ci (même s’il y aurait beaucoup à dire sur le déchainement des réacs ces dernières semaines, si j’ai le temps, je ferais un billet, sinon allez lire ça ou ça) mais tout à voir avec la rentrée et les retrouvailles avec des élèves, des vrais. Ceux qui rentrent en classe en traînant les pieds et en portant toute la misère du monde sur leurs épaules. Ceux qui sourient quasiment tout le temps, hochent la tête pour signaler leur approbation avec tout ce que vous dites (ou presque) et qui poussent même le vice jusqu’à rire de vos blagues pourries, ceux qui se terrent au fond de la classe pour essayer de cacher leur mal-être, ceux qui sont juste heureux de vivre mais si possible pas 8h par jour au lycée, etc…

Bref, ces élèves, je les aime bien voire beaucoup. Ils sont pleins de rêves, d’interrogations, ils se demandent de quoi sera fait demain (et quand je dis demain, c’est vraiment demain, le mois prochain, c’est vraiment loin pour eux parfois) mais ils sont vivants. Et moi, chaque année, je me demande: « Comment faire pour rendre l’école vivante, pour ne pas tuer cette vie? » A cette question, j’ai déjà essayé d’apporter des réponses, jamais entièrement satisfaisantes (travaux de groupe, projets à l’année, débats…) parce que forcément basée un peu (beaucoup?) sur mon vécu d’élève. Et moi élève, ce que je supportais pas, c’était les profs n’ayant pas ou peu de qualité d’orateurs, nous récitant un cours totalement écrit, en déconnexion avec nos vies. Du coup, ma pire angoisse aujourd’hui: que mes élèves s’ennuient…Je ne parle pas de l’ennui qui nous a tous gagné un jour ou un autre dans une salle de cours, je parle plutôt de cet ennui profond, qui consiste à se dire: « Qu’est ce que je fais là? Mais qu’est-ce que c’est nul ce cours! ».

Du coup, cette année, j’aimerais, pour continuer à explorer cette idée de faire « vivre » mon cours, organiser plus de sorties et de voyages. Mais c’est là que ça se corse. Parce que, pour vous, néophytes, qui n’avez jamais organisés de sorties scolaires, je pense que parfois (ou du moins dans mon établissement), ça se rapproche du parcours du combattant…

  • Première étape: Faire voter son projet de voyage en Conseil d’Administration. Ce qui implique de connaître la date desdits conseils (hum…). De savoir qu’il faut remplir un dossier, détaillant destination, coût, but pédagogique et activités prévues. Tout ça 4 à 5 mois avant…Bref, n’étant pas une fille très prévoyante et fonctionnant dans l’urgence, c’est pas gagné. Je vous rassure, pour les sorties scolaires, c’est pas si compliqué, juste une feuille à remplir.
  • Deuxième étape: Gérer l’étape aussi stressante que consommatrice de temps, j’ai nommé « l’intendance »… Récupérer des chèques (horreur n°1 de mon job rassemblant deux de mes travers: gérer des papiers administratifs et gérer de l’argent…Arrrrgggghhhh) et se faire taper sur les doigts (dois-je dire hurler dessus) par l’intendante car on ne connaît pas par coeur les règles de la comptabilité publique. A ce stade, je pense que c’est une punition divine pour avoir séché les cours de finances publiques de 18h à 20h (avec un prof, plus chiant tu meurs!)
  • Troisième étape: Définir le programme du voyage. Trouver ce difficile équilibre entre visites à tout-va, espaces de respiration pour les élèves et objectifs pédagogiques. Autant dire qu’à côté, régler le conflit israélo-palestinien est un jeu d’enfants.
  • Quatrième et dernière étape: Partir en voyage. Se taper 4252 fois : « On aura du temps libre aujourd’hui? » / « Elle dure encore longtemps la visite? » / « On fait quoi ensuite? ». Découvrir ses élèves sous un autre jour et trouver que, définitivement, ils sont attachants. Camper dans un couloir d’auberge de jeunesse en espérant un jour aller se coucher. Revenir crevée mais contente.

Tout ça (enfin surtout les aspects pratiques) fait que j’ai encore du mal à sauter le pas d’organiser moi toute seule comme une grande une sortie. Pas pour la sortie en elle-même non, mais parce que parfois, je me demande si cette sortie, je l’organiserais pour que mes élèves ne s’ennuient pas ou pour leur apporter quelque chose et si oui quoi? Je sais qu’on peut leur faire préparer la visite, j’ai bien des idées, surtout maintenant qu’on peut quasiment tout préparer depuis le web avant mais ça va plus loin que ça. Comment articuler la sortie, le voyage avec mon cours pour que ce soit fluide? Comment savoir quand on quitte le pédagogique pour tomber dans le démagogique (la prof trop cool qui organise des sorties)? Espérons que les expériences de l’année me permettront de répondre un peu plus à ces questions!

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