Robespierre en 140 caractères

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28 août 2012 par lesactualiteshistoriques

Je ne sais pas si c’est ma nouvelle addiction à Twitter (j’ai toujours une mode de retard, la preuve, je viens seulement de découvrir Margaux Motin!), cette série d’été du Nouvel Obs (que j’ai trouvé particulièrement débile) ou encore cette initiative géniale de France Info, toujours est-il que je me demande en ce moment comment faire de l’histoire avec les réseaux sociaux. D’un côté, j’ai peur de tomber dans une espèce de démagogie du type : « Regardez comment je suis une prof trop cool, avec moi, on rejoue Dallas sur Facebook en se prenant pour Périclès et Aspasie », qui consisterait à faire croire à Jennifer (enfin dans mon lycée, ce serait plutôt Anne-Charlotte) qu’elle peut effectivement se mettre dans la peau d’Aspasie. De l’autre, je sais bien que ce qui me retient, c’est justement cette espèce de perfectionnisme historique qui fait que les élèves ne seront jamais à la hauteur de mes attentes, tout simplement parce qu’ils n’ont pas que ça à faire de jouer à Napoléon, Clémenceau ou Hildegarde de Bingen sur les réseaux sociaux, surtout quand leur prof de maths leur file 5 exercices à faire du jour au lendemain. Sachant qu’en plus je suis genre hyper-exigeante (« Non mais Madame, vos contrôles sont réputés dans tout le lycée »…Je sais pas si je dois être fière là…), si mes élèves doivent se prendre pour Charette ou Carrier, je préférerais qu’ils aient lu tout Jean-Clément Martin avant!

Pourtant les réseaux sociaux permettent justement plusieurs choses que j’aimerais utiliser en classe:

– Se créer une identité numérique virtuelle impliquant de maîtriser correctement une biographie, donc normalement, de maîtriser le contexte qui va avec, les liens, les lieux…

– Soumettre ses écrits au regard de l’ensemble de la classe, mais aussi de sa famille, des internautes; ce qui généralement met un peu plus la pression que quand c’est juste le prof qui va lire…

– Permettre aux élèves de comprendre l’importance du point de vue, mais aussi de l’audience pour laquelle on écrit, du média qu’on utilise, bref, faire de l’analyse de documents sans en faire, en les faisant devenir producteurs de documents.

Malgré tout cela, et aussi parce que la pauvreté informatique de mon lycée ferait pleurer n’importer quel élève singapourien ou sud-coréen, je ne me suis pas encore décidée à m’y mettre. J’aurais bien des idées, en particulier sur l’humanisme (recréer un réseau de savants qui échangent leurs trouvailles), sur la Révolution Française (faire un live tweet des principaux événements vu par différents acteurs) ou sur Mai 1968 (créer des slogans, poster des vidéos, des affiches) mais je ne sais par où commencer…Comment faire tenir ces projets dans un programme plus que serré? En Seconde, j’ai beau faire et refaire la programmation en tenant compte des heures qui sautent, ça rentre à peine…Comment mettre en œuvre ce projet avec 15 postes en salle informatique et une connexion chancelante? Comment faire comprendre aux élèves que c’est du sérieux? Comment évaluer ? Et ça, dans mon lycée, c’est une question primordiale, la note étant le saint-graal du saint-dossier qui permettra d’accèder aux saintes classes préparatoires!

Toutes ces questions, j’aimerais les partager lors d’une séance de formation continue. Or j’ai beau chercher, au plan académique de formation cette année, il n’y a rien…Alors du coup, me revoilà sur Twitter, sur les blogs, à lire, chercher des solutions, piquer des idées. Oui mais ce qui est possible en plein mois d’août, sans 5 paquets de copies, 3 réunions et le tout-venant professionnel et domestique ne le sera plus en décembre, quand j’aurais la tête dans le guidon. Bref, je ne me plains pas, je déplore juste ce fossé énorme qui existe entre tout un tas d’instructions qui nous invite à utiliser toujours plus les TICE (Technologies de l’Information et de la Communication à l’Ecole) dans notre enseignement et l’absence quasi-totale de souplesse et d’adaptabilité de l’institution quant à ces mêmes TICE, qui par leur vitesse et leur mutabilité réinterroge constamment nos pratiques (en plus des élèves, qui sont les champions de la remise en question des pratiques!). Mais ce que je déplore encore plus, c’est cette attitude de rejet ou tout du moins d’indifférence méprisante affichée par certains collègues à l’endroit de ces mêmes TICE. Du coup, ma salle des profs, elle est beaucoup plus conviviale sur Twitter…

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4 réflexions sur “Robespierre en 140 caractères

  1. DDubald dit :

    Au hasard d’une navigation, j’ai trouvé ce billet qui donne de bonnes idées à moindre frais (travail à la maison possible) : http://his7008.wordpress.com/2011/11/07/lenseignement-de-lhistoire-et-wikipedia/

  2. yveslemarin dit :

    et en définitive, il avait combien de followers Robespierre ?

  3. Fred dit :

     » Histoire » + « Réseaux sociaux »… On s’attend à ce que vous nous parliez de l’initiative http://www.histographe.com... mais non… Encore une mode de retard ? 🙂

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